manifeste des joueur.se.s (dernières modifications: le 11.01.2021)

On est les Joueur.se.s des fois on gagne des fois on perd. En général, on préfère gagner mais pas toujours, ça dépend contre qui on joue, ça dépend de l’utilité, et en plus on n’est pas tous d’accord. Jusqu’ici on a jamais fait l’amour ensemble. On adore faire des spectacles. En moyenne trois par jour. On en fait dans des théâtres, des lits, des stations-service, des fermes, des cinémas, dans la rue. On voudrait faire le buzz mais parfois on est à découvert sur notre compte du Cré*** Mu****. On intervient un peu partout. On fait des performances pour vérifier la solidité de toutes sortes de frontières: les frontières entre les vérités et les mensonges, les frontières de l’Europe, les frontières entre les “Cow-Boys” et les “Indiens”, entre les Spectateurs et les Joueur.se.s, les frontières entre la violence et l’amour…

Autrement dit: au travers de nos différents projets, on travaille à matérialiser, à même nos corps et nos spectacles, les rapports de force structurant le milieu du spectacle vivant et son histoire. Autrement dit, on fait toutes sortes de trucs, on voudrait changer le monde mais comme c’est difficile et qu’on a toujours pas changé de banque, on tente parfois des actions impossibles. On fait des spectacles sur les Joueurs, sur le monde en feu, sur les spectacles. C’est notre art politique de la joie. C’est gratuit mais ça vaut de l’or.

Notre méthode « docu-performative »: on débusque des dispositifs d’autofiction (méthode DDA), on choisit un médium -un lit, une scène de théâtre, un jardin, une vidéo …- et puis on met nos hypersensibilités en transe au travers d’une pratique excessive de la composition instantanée (dansée et parlée) et d’un archivage h24 de nos rêves et de nos conflits. Après ça, avec les matériaux récoltés – des mouvements, des gestes, des danses, des paroles, des vidéos, des textes- on copie-colle, on coupe, on floute, on déforme, on accélère, on rembobine.

Sur ce site wordpress -pour la modique somme de 18euros par an- même si on n’est pas des conservatrices, on conserve notre travail. On essaye de bien ranger mais ça déborde quand même, et quand c’est trop encombrant, on dissimule ou bien carrément on jette!